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Anie Samson, mairesse de Villeray—Saint-Michel—Parc-Extension Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Hassan SERRAJI   
20-02-2008

Anie Samson
Photo : Mehdi BENBOUBAKEUR
Anie Samson est tombée enfant dans la marmite de la politique. Écœurée par son côté sale, elle s'en est éloignée pour se consacrer à sa formation et à sa boite en communication. Et c'est sa rencontre bizarre avec un homme politique atypique qui la replongea dans l'arène, pour de bon. C'est l'histoire insolite d'une mairesse pas comme les autres que Réussir ici a découverte à travers cette interview.

Comment vous êtes vous retrouvée en politique?

Dès l'âge de 9 ans, j'accompagnais ma mère, organisatrice politique au fédéral. Mais je me suis éloignée de la politique car j'avais horreur de ses coups bas… J'ai décroché mon baccalauréat en science politique et j'ai entamé une maîtrise en communication. En parallèle, j'étais travailleuse autonome en communication, spécialisée en publicité politique de 1985 à 1995.

Comment avez-vous replongé au municipal?

En 1994, durant la campagne électorale municipale à Montréal, je suis allée rencontrer Monsieur Bourque, candidat au poste de maire, pour lui présenter un concept de campagne publicitaire. Ce fut une rencontre bizarre. M. Bourque croyait que j'étais là pour présenter ma candidature comme conseillère municipale au sein de son parti… Il n'arrêtait pas de me poser des questions sur mes motivations politiques, etc. Alors que moi j'essayais de vendre mon concept. À la fin de l'entrevue, l'ancien maire m'a proposé de me joindre à son équipe...

Il n'avait pas à trop insister?

Oui et non. Écoutez, je suis une humaniste qui s'est jurée de ne refaire de la politique que pour rendre meilleure la vie des gens, qui sont nos vrais patrons. Et je crois aussi beaucoup au destin. De plus, M. Bourque est l'un des derniers politiciens à l'ancienne. Il avait un projet clair auquel j'ai vite adhéré… Il ne faut pas oublier que j'avais accumulé une solide expérience politique qui m'a aidée à aiguiser mon flair. J'ai aussitôt cru en la sincérité de l'homme et je n'avais pas tort. Dès le début de son mandat de maire, M. Bourque m'a chargée de lancer la fondation du maire pour laquelle il versait son salaire dans son intégralité.

Quelle est votre perception de la politique?

Je fais de la politique à l'ancienne. Je fais confiance aux gens et je tiens mordicus à ma parole. D'ailleurs, je suis la seule dans l'arrondissement à ne pas avoir changé de parti depuis 13 ans.

Comment vivez-vous la diversité dans l'arrondissement?

La diversité et l'accommodement, on le vit au quotidien. C'est une richesse. Et le plus grand défi à mon sens, c'est l'intégration culturelle. Écoutez, je gère les deux quartiers les plus pauvres au Canada, Parc-Extension et Saint-Michel. On travaille main dans la main avec la population, on répond aux différentes requêtes d'accommodement. Par exemple, nous avons pu consacrer des horaires spéciaux pour les femmes et leurs enfants à la piscine de Parc-Extension. Nous procédons au nettoyage des quartiers spécialement pour faciliter l'organisation des fêtes communautaires. D'ailleurs, le meilleur exemple de diversité, je l'ai vécu durant les fêtes de fin d'année. Le père Noël était d'origine africaine et on a mangé le Six-pâtes, un plat typiquement québécois, à la viande halal!

Comment favorisez-vous l'intégration de vos concitoyens issus de l'immigration?

Je m'implique personnellement et je rencontre mes concitoyens sur le terrain. Mon téléphone est ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Je fais aussi sauter des tabous comme pour la célébration de la fête du Sacrifice chez les musulmans. Je suis allée visiter mes concitoyens dans une mosquée, angle St-Denis et Jean Talon, pour leur présenter de vive voix mes meilleurs vœux. C'était valorisant pour les uns et les autres que je me retrouve, en tant que femme, au milieu d'hommes dans l'enceinte de cette mosquée… La mairie s'implique aussi directement pour favoriser l'échange culturel. La bibliothèque du Parc-Extension offre des ouvrages en treize langues. On y a lancé un programme de médiation culturelle qui incite les parents à accompagner leurs enfants à la bibliothèque. La programmation de la maison de la culture est faite à saveur multiculturelle. Nous prévoyons la construction du centre sportif communautaire Louis Joseph Papineau à Saint-Michel pour favoriser l'intégration des jeunes et contrer le phénomène des gangs de rues qui gangrène la vie du quartier.
Par ailleurs, je m'implique personnellement pour soutenir et encourager des projets très importants comme la création du Petit Maghreb sur l'avenue Jean Talon, entre St-Michel et Pie.IX.

Questionnaire de Proust

Si vous n'étiez pas maire, qu'auriez-vous aimé faire comme métier?
Missionnaire en Afrique, un continent qui me tient beaucoup à cœur.
Si vous deviez vivre dans un autre pays, lequel choisiriez-vous?
Le Maroc. C'est un pays que j'ai eu l'occasion de visiter à deux reprises et qui m'a séduite rapidement par ses médinas et ses souks.
Quel est votre rêve?
La paix dans le monde.
Quelle est la personnalité politique qui vous inspire le plus et pourquoi?
Nelson Mandela pour la fierté qu'il a su redonner à son peuple.
Quel est votre objectif politique?
Faire de Montréal une ville meilleure où tout le monde vit au-dessus du seuil de la pauvreté et où les jeunes ont droit à trois repas par jour.

 

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