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Art et Culture
Olivier Cheuwa, le prince de Douala
| Olivier Cheuwa, le prince de Douala |
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| Écrit par Anne-Marie YVON et Hassan SERRAJI | ||||
| 03-05-2008 | ||||
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Qu'est-ce qui vous a mené à la musique ?Très jeune, je suis tombé en amour avec la musique grâce à la radio. J'avais développé un goût pour la musique américaine comme le R&B, le jazz et le style musical d'Eric Clapton, par son côté folk. J'étais toujours à l'affût des nouveautés même si c'était difficile d'en trouver au Cameroun. Je demandais souvent à mes amis établis en Occident de me fournir en musique.Dès mon arrivée au Canada, je me suis rattrapé en mettant la main sur tous les disques que je voulais. À l'époque c'était Boyz II Men qui tenait le haut du pavé. Donc, comme presque tous les artistes j'imitais mes idoles. Mon entourage m'encourageait pour exploiter mon talent, mais j'ai préféré ne pas brûler les étapes. Comment ?Sagement, j'ai commencé au sein d'une chorale de gospel pour accumuler les expériences sur scène et voir comment les choses se font dans le milieu du showbiz. Et j'avais raison. J'ai bien étudié la chose et j'ai découvert qu'il fallait avoir une vraie machine et toute une organisation derrière pour produire un artiste. Je me suis inscrit à un cours en gestion marketing aux HEC, à Montréal, avant de monter ma propre boite de production pour réaliser mon rêve.Vous êtes quelqu'un de jovial pourtant on sent dans vos textes une certaine douleur…Oui, cela est vrai. Il y a presque cinq ans j'ai perdu mon père. S'en est suivie une quête spirituelle par rapport à la vie, à moi-même et à mon devenir. C'est vrai que j'ai beaucoup écrit sur ma douleur intérieure mais j'ai aussi écrit sur les encouragements, la persévérance et l'espoir en puisant dans ma foi et ça m'a beaucoup aidé et surtout touché beaucoup de monde qui ont acheté mon album…C'est peut-être pour ça que cet album marche ?Vous avez raison. Quinze mille copies se sont volatilisées ! C'est un miracle de réussir cet exploit pour un indépendant, et ce fut une grosse surprise de voir les gens s'intéresser à mon travail et ma création.Cet état de choses m'a poussé à écrire pour encourager les gens à voir aussi les bons côtés de la vie. J'ai, en ce moment, une pensée particulière pour les souffrances que subissent les enfants qui sont privés de leur dignité à cause des guerres, de la famine et de la pauvreté. Cela me pèse sur le cœur, et ma démarche est envers ces gens. J'écris pour eux, pour les encourager. On a tous des forces et la mienne est de toujours trouver l'aspect positif de la vie qui n'est pas que tristesse. Il faut être optimiste… On voit que votre style est un vrai mélange…Tout à fait. J'aime la musique noire américaine et j'ai grandi en Afrique. Mon style tire son originalité de ce brassage inusité entre différents styles.On décèle dans votre voix un brin de nostalgie…J'ai quitté mon pays en pleine adolescence. J'en ai gardé beaucoup de bons souvenirs, et c'est vrai que je suis nostalgique par moments… Vous savez, on n'oublie jamais d'où on vient ni nos racines. On rêve de l'Occident, de tout ce qui est ailleurs. Mais dès qu'on est ailleurs justement, chez nous nous manque. À travers ce retour aux sources, ma démarche est d'essayer de récupérer tout ce qui est de moi, de mon histoire, de mon pays pour le chanter tout en adaptant les différents styles pour produire quelque chose d'intéressant.Ce retour aux sources, vous l'avez concrétisé par un concert en Afrique ?La musique marche bien en Afrique. Je l'ai vécu lors de mon concert en Côte-d'Ivoire, le 2 décembre dernier. Ce fut mon premier retour en Afrique depuis 17 ans. Une vraie surprise pour moi. Mon show s'est tenu au palais de la culture d'Abidjan devant plus de trois mille spectateurs. Aux premières notes, la foule s'est levée dans la liesse et la joie en chantant et dansant. Cela met du baume au cœur, cela rafraîchi.Mais pourquoi êtes-vous surpris de cet accueil ?Le continent africain a tout le temps été négligé par l'industrie mondiale de la musique, pourtant, c'est un marché prometteur. Aujourd'hui, l'industrie est en train de le regretter car il y a beaucoup de piratage, mais en ce qui concerne les concerts, ça marche. Je suis en train de travailler sur une tournée en Afrique. En été, je serai au Gabon et je vais voir si je pourrai prolonger ma tournée dans d'autres pays francophones de la région… Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. Recommandez (56) | Citez cet article sur votre site | Suggérer par mail
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